Rando Ecrins

Boucle du Pigeonnier dans le cirque du Gioberney

5 h 15
Durée
Moyen
Moyen
Boucle
Boucle
9,9 km
Longueur totale
1047 m
Dénivelé montant
Usages
  • A pied
Thème
  • Lac et glacier
  • Pastoralisme
  • Refuge

Départ : Au parking du Gioberney → Arrivée : Gioberney

Au plus profond de la vallée du Valgaudemar, cet itinéraire propose des points de vue d'exception sur des sommets mythiques et leurs glaciers. Un condensé de montagne !

« L' Himalaya français». C'est en ces mots que le grand alpiniste Gaston Rébuffat décrivit la vallée du Valgaudemar. Que dire de plus ? Ici, la verticalité des versants pourrait être oppressante. Les sommets côtoient les cieux à en donner le vertige. Vers eux, le regard se redresse lentement comme pour en chercher le bout. Oppressant, vertical, austère... mais tellement fort, sauvage et fragile à la fois. Tout simplement beau !

Régis Jordana, garde-moniteur en Valgaudemar

Depuis le parking du Gioberney, cette boucle permet de rejoindre le refuge du Pigeonnier en montant dans le cirque de la Muande de Bellone. La descente se fait par le cirque du Vaccivier. Dos au chalet-refuge, prendre le sentier qui se présente en face. Après 200 m, laisser un sentier qui mène au Lac du Lauzon et continuer face à vous (la variante du lac du Lauzon rallonge de 45 mn). Dès lors, la montée jusqu'au refuge du Pigeonnier est soutenue mais prendre le temps de lever la tête permet de découvrir, à chaque pas, les hauts sommets et leurs glaciers environnants. Suivre l'indication « Refuge du Pigeonnier ». Après 2h30 de montée en lacets, le refuge se dresse à 2423 m tel un nid d'aigle. D'ici, la vue sur Les Rouies est saisissante. Après une possible halte méritée, poursuivre le sentier qui bascule vers le Vaccivier. S'en suivent 20 mn pendant lesquelles le sentier évolue en balcon au-dessus du vallon du Gioberney avec quelques passages aériens. La descente se fait ensuite sans difficulté en suivant l'indication « Refuge du Gioberney » Les lacets du verrou glaciaire du Vaccivier permettent de rejoindre alors le vallon du Gioberney et d'y découvrir, à l'orée d'un surprenant mélézin, la cabane du Gioberney dite de la « Crotte ». L'arrivée est imminente.

Transport

Navette depuis Saint-Firmin en été et liaison avec les bus qui viennent de Gap et Grenoble.

Accès routier

A 26 km de Saint Firmin, par la D58, la D958a jusqu'à La Chapelle en Valgaudemar puis la D480t jusqu'au terminus, le parking du Gioberney.

Lieux de renseignement

Maison du Parc du Valgaudemar

Information, documentation et un espace d'accueil avec des expositions permanente et temporaires. La maison du Parc est labellisée «Tourisme et handicap». Entrée libre. Toutes les animations du Parc sont gratuites sauf mention contraire.

Ancien Asile Saint-Paul
05800 La Chapelle-en-Valgaudemar

Site web - Courriel - 04 92 55 25 19

Lat: 44.81836, Lng: 6.19371

Cet itinéraire est dans le coeur du parc national, veuillez consulter la réglementation.

Cliquer pour intéragir

Sur le chemin…
Refuge
Chalet-hôtel de Gioberney

La construction du chalet-hôtel de Gioberney a commencé durant la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de chantier de jeunesse. Elle a permis à quelques jeunes de la vallée d'échapper au Service du travail obligatoire (STO). Les pierres du bâtiment ont été prises sur place, taillées et appareillées au mortier de ciment. A l'époque, la route du Gioberney n'existait pas encore, elle ne verra le jour qu'en 1963. Il fallait donc monter à pied ou se faire aider par une mule afin d'accéder au refuge. La fréquentation n'a guère été importante jusqu'à la réalisation de la route. 

007040
Faune
Sérotine de Nilsson

La sérotine de Nilsson est un chauve-souris boréale, relicte glaciaire dans l'arc alpin. Adaptée au froid, elle résiste à des températures proches de  -7°C sur de courtes périodes. La sérotine de Nilsson est une espèce discrète qui vit dans les forêts boréales parsemées de zones humides. Elle chasse parfois près des éclairages publiques, un des seuls endroits où il est plus aisé de l'observer. La capture de femelles sur ce site permet de croire à la présence d'une colonie au Gioberney. Il s'agirait de la première colonie de reproduction connue en France.

Flore
Les milieux

De 1600 m à 2450 m d'altitude, cet itinéraire est une invitation à voyager à travers différents milieux. Des myrtillers et rhododendrons au minéral des éboulis, des vertes pâtures au mélézin, ce voyage sera rythmé par la traversée de différents milieux à la faune et à la flore spécifiques.

Lande à myrtilles
Faune
Grenouille rousse

Tantôt dans l'eau, tantôt en dehors, c'est l'amphibien des cimes. Avec le triton alpestre, elle occupe la moindre flaque d'eau jusqu'à des altitudes impressionnantes (2800 m). En léthargie pendant plus de 8 mois à cause des rudesses de l'hiver, elle reste un symbole de l'adaptation à l'altitude. L'hiver, elle s'envase ou bien se glisse hors de l'eau sous des feuilles, une souche, un rocher... à l'abri du gel. Elle pond jusqu'à 4000 œufs en moyenne car, confrontée à ces conditions climatiques et à la prédation (tritons, poissons...), seuls quelques individus deviendront adultes pour assurer la pérennité de la population. Un véritable exemple d'adaptation à l'altitude !

Grenouilles rousses
Glacier
Les glaciers

Le cirque glaciaire du Gioberney propose un panorama à 180° sur les magnifiques glaciers des Rouies, de la Condamine au pied des Bans... Aujourd'hui en recul, il nous reste les polis glaciaires (dalles lissées par l'action érosive des monstres de glace) comme témoignage de leur présence passée.

Glacier de la Condamine
Sommet
Les sommets

Au fond du Valgaudemar, cette boucle permet de prendre la pleine mesure de cet « Himalaya des Alpes ». Ce cirque du Gioberney est coiffé de superbes sommets dépassant allègrement les 3000 m d'altitude. D'ouest en est, Les Rouies et ses 3589 m, le Pic du Says (3420 m), le Mont Gioberney (3352 m),la Pointe Richardson (3312 m), les célèbres Bans (3505 m) et les Aupillous à 3458 m. Avec trois cirques glaciaires qui ne faisaient qu'un et ces hauts sommets, on touche ici le domaine de l'alpinisme.

Les Bans et le pic des Aupillous
Refuge
Refuge du Pigeonnier

Perché à 2423 m, au pied des Rouies, ce véritable nid d'aigle a été restauré au début des années 2000. Il utilise l'énergie solaire et propose des toilettes sèches signes d'une intégration environnementale de l’édifice. Situé quasiment au point culminant de cette randonnée, il est souvent l'occasion d'une petite pause salutaire, aux bords de la mare attenante.

Le refuge du pigeonnier
Faune
Aeschne des joncs

Aux abords de la petite mare du refuge du Pigeonnier, vous pourrez avoir la surprise de voir chasser cette grande libellule, l'Aeschne des joncs. L'une des seules à s'exercer à de telles altitudes. L'essentiel de sa vie se fait au stade larvaire subaquatique. Plusieurs années sous l'eau seront nécessaires à ce grand prédateur pour finir sa croissance et atteindre sa maturité sexuelle. Dès lors, la sortie du milieu aquatique s'impose pour sa transformation en imago volant (adulte). Ce stade adulte ne dure que quelque semaines avec pour seul objectif, la reproduction. Accouplements en vol et pontes à la surface de l'eau s'enchaînent pour boucler son cycle par... la mort.

Aeshne des joncs
Faune
Bouquetin des Alpes

Le bouquetin des Alpes a failli disparaître au 19ème siècle. Il n'a dû sa survie qu'à la protection mise en œuvre en Italie et dans le Parc national de La Vanoise qui hébergeaient la dernière population. Depuis le début du programme de réintroduction de l'espèce initié avec succès en 1989, le seigneur des cimes a retrouvé sa place dans le massif des Ecrins. Le cirque du Gioberney est un lieu de prédilection pour la mise-bas, en début d'été, et propice au calme nécessaire à cette espèce. Peut-être surprendrez-vous la silhouette massive et majestueuse d'un mâle ou un tout jeune cabri faisant une démonstration de ses qualités innées d'alpinistes.

Bouquetin des Alpes
Pastoralisme
Vivre au rythme des brebis

Malgré ce relief austère, la vallée du Valgaudemar accueille depuis des siècles une activité pastorale intense qui rythme la vie des habitants du printemps aux premières neiges. Ca et là, vous découvrirez donc une cabane de berger sous le regard toujours étonné de ces brebis provenant d'élevages de la vallée. Les troupeaux sont constituées des races « Métisses », « Thônes et Marthod », « Lacaune » et « Mérinos », particulièrement bien adaptées aux exigences de ce relief. 

Brebis sur l'alpage
Pastoralisme
L'alpage du Gioberney

En été, l'alpage du Gioberney accueille environ 1000 moutons. Il est découpé en quartiers que le berger fait pâturer tout au long de l'estive en tenant compte de la météo et de la ressource alimentaire disponible. Tandis que Tirière est pâturé en juillet (le berger tient les bêtes dans la partie basse pour optimiser l 'alpage et maintenir les buissons envahissants), par la suite c'est le plateau jusqu'au sommet de la Chauvetane que les animaux consomment.

Berger et brebis du Gioberney

Profil altimétrique

Altitude (m)

Min : 1629 m - Max : 2440 m

Distance (m)

 

Recommandation

En cas de pluie, éviter de descendre par le Vaccivier car présence de quelques passages aériens. Chaque début de saison, présence d'un névé à 2 000 m lors de la traversée du torrent de Muande Bellone, assurez-vous de la solidité du névé avant de vous y engager.